La Compagnie du Lamparo, créée en 2003 à l’instigation de Nora Mauriaucourt, regroupe, dans le cadre de projets artistiques initiés par Mànu Théron, des musiciens dont l’expérience et le talent sont tout entiers dédiés à la recherche sur les patrimoines d’Oc.
Depuis 2003 les activités s’y répartissent en trois axes principaux d’exploration, qui s’irriguent et se conjuguent en fonction des circonstances :
- la collecte de documents sonores et de témoignages liés non seulement à la pratique du chant populaire en Langue d’Oc, mais aussi à toutes les contagions ou relations insoupçonnables que cette pratique induit, prolonge ou invente, notamment par le contact avec des esthétiques musicales très diverses (musique improvisée, musiques dites « savantes », ou musiques prétendument « actuelles ») ;
Un corpus d’enquêtes réalisées à Marseille est déposé depuis 2005 à la phonotèque de la MMSH, consultable en ligne.
- les créations elles-mêmes, où le patrimoine se trouve visité en compagnie d’artistes pour la plupart issus d’un important mouvement de réappropriation des traditions musicales populaires méditerranéennes, mouvement qui n’a de cesse de proclamer l’inconstance et la fragilité des notions de territoire ou d’identité, si littéralement « exploitées » dans d’autres domaines que celui de la Culture,
- enfin, la transmission des savoirs populaires et de leurs modalités de diffusion spécifiques, dans des structures associatives ou académiques, en Région P.A.C.A./Sud comme partout en France et en Europe, dans des lieux et auprès de publics animés par une ambition commune de redécouverte et d’interrogation du patrimoine immatériel et des cultures orales de leur région.
Les liens a priori évidents qu’entretiennent entre elles ces activités peuvent être constamment questionnés, et réadaptés à la multiplicité des situations dans lesquelles elles se déploient. Ainsi, la création devient parfois le laboratoire des projets d’enseignement, voire la source où viennent puiser différents acteurs du mouvement musical mentionné précédemment, tandis que certaines occasions de transmission ou d’action artistique peuvent redéfinir complètement le caractère ou la destination des créations.
Direction artistique – Mànu Théron
C’est en Italie méridionale et en Bulgarie, pays qu’il sillonne durant plus de quatre ans, que Mànu Théron découvre le chant par la fréquentation assidue d’interprètes et de choeurs traditionnels.
La persistance des pratiques culturelles et sociales liées au chant populaire dans ces régions, leurs connexions avec la littérature orale en dialecte, et surtout l’absence dans leurs expressions quotidiennes de toute référence à un folklore institutionnalisé, le persuadent qu’une pratique équivalente aurait une grande portée dans sa ville d’origine et pourrait donner lieu à une réappropriation de repères historiques et culturels qui manquent cruellement à Marseille.
Au sein de nombreux projets (Ve zou via, Madalena, Polifonic System…) ou à la tête du groupe Lo Còr de la Plana qu’il a fondé en 2001, Mànu Théron impulse une interprétation à la fois enracinée dans la tradition du chant populaire méditerranéen et nourrie de la pratique contemporaine de la chanson à texte, où la langue et les rythmes s’entremêlent avec force.
Musicien passionné, il met l’originalité de son interprétation au service d’une culture d’Oc renouvelée qu’il s’attache à aire vivre aussi bien sur la scène que dans ses enseignements.
